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Archive pour septembre 2008

Chute de vélo

Mercredi 24 septembre 2008

 DOSSIER PEDAGOGIQUE /

CHUTE DE VELO

(Etienne DAVODEAU) -   Ed. Dupuis – 2004

Dossier téléchargeable :  Chute de vélo dans Déc'ouverte pdf 7chutedevlo.pdf

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 L’auteur et l’album :

 Né en 1965, Etienne Davodeau fait partie intégrante de cette « nouvelle vague » d’auteurs complets, qui depuis une dizaine d’années, ont complètement renouvelé le panorama et les thématiques abordées dans le 9ème Art. Engagés entre fiction et récit-reportage depuis son premier scénario en 1992, les albums de Davodeau se lisent d’abord à l’aune d’une position militante affirmée. Celle-ci n’altère toutefois en rien la qualité documentaire du propos, comme en témoignent ces « récits du réel » successifs que sont Rural (2001), Les mauvaises gens (2005) ou Un homme est mort (2006 – Prix France-Info 2007 de la BD d’actualité). Largement autobiographique, le style de l’auteur permet d’ancrer sa narration dans un graphisme emprunt d’émotion qui joue dignement d’une « lecture éditoriale » du quotidien. Chute de vélo, paru en 2004, est l’album-archétype de cette double volonté fictionnelle et documentariste : chronique sociale douce-amère,  cette « chute » est celle de la découverte, à mi-mots, du secret détenu par chacun, et qui est ce lent passage vers la gravité des adultes.

L’intrigue en résumé :

  Les membres d’une famille ordinaire préparent la vente de la maison de leur mère. De l’autre coté de la rue, un maçon forme son apprenti d’une bien étrange façon. Tout ce petit monde se retrouve mêlé et emmêlé dans une comédie grave, amère et légère tout à la fois.

Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

NIVEAU 1

- Quel est le titre de la B.D.? Quel est le nom de son auteur et où ce nom est-il écrit ? Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

- Quel est le nom de l’éditeur et de la collection ?

- Pourquoi, à votre avis, les mots écrits sur la couverture sont-ils de tailles différentes ?

- Que représente l’illustration ? (la décrire)

- Quelles sont les couleurs dominantes de l’illustration ?

- Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l’illustration ? Quelles informations supplémentaires fournit éventuellement l’image ?

NIVEAU 2

-  Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après cette couverture, imaginez en quelques lignes quelle pourrait être l’histoire racontée dans la B.D.

-  Tenter d’expliquer l’absence de personnages sur ce visuel. A quelles œuvres vous fait penser le thème de la ville, du village ou du monde abandonné, vides de toute présence humaine ?

-   Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D.? Pourquoi ? En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

NIVEAU 3

- Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. Identifiez le lieu de l’action principale.

- «L’ambiance» de cette couverture vous parait-elle lourde ou légère ? Expliciter vos choix.

- Pouvez-vous expliquer le rapport entre le titre et l’illustration ?

Lecture et analyse de la couverture :

 Chute de vélo s’offre à nous dès le visuel de couverture sous le double signe du mystère : que signifie au juste le titre et où sont les héros ? Le dessin offre un vide dérangeant et auquel le lecteur traditionnel n’est guère habitué : aucun détail, objet abandonné ou visage lointain, ne retient l’œil qui est attiré par la ligne de fuite qu’offre la vue longiligne de la rue. Tout au plus ce même lecteur remarquera une étrange correspondance entre le dessin et la collection « Aire Libre ».

 Le vide. L’absence. L’incertitude. La peur ? Quatre thèmes mis en correspondance et qui peuvent conduire à s’interroger sur la trame narrative : l’album est-il une adaptation des Enfants de Timpelbach d’Henry Winterfield (1937), où des enfants retrouvent leur village abandonné par les adultes ; est-ce une variation sur la fin du monde digne de Je suis une légende (Richard Matheson – 1954), narrant la vie du dernier homme sur Terre ? Rien de tout celà, car, là encore, aucune trace ne l’indique, ni jouet délaissé, ni trace de fuite, ni destruction de bâtiment…

  Ruelle ou rue de village ou de banlieue en zone rurale, la vue fait prioritairement penser à une carte postale récente : lieu sans âme (humaine ou animale) ni voiture, mais lieu entretenu, soigné même si l’on s’en réfère aux murs extérieurs et à la végétation, à l’exception notable de la haie ombragée sur la gauche. Les élèves ne devraient à l’évidence pas remarquer une temporalité pourtant bien marquée : la présence de la végétation et le ciel indiquent la saison estivale, qui elle-même crédibilise la rue déserte (chaleur et départs en vacances…). Il ne s’agit pas d’un récit ancien puisque les poteaux, câbles et lampadaires électriques sont tous contemporains. L’ambiance graphique de ce visuel est renforcée par le biais de teintes pastel beiges qui viennent s’opposer aux ardoises des toits noirs  environnants.

  D’où nous vient cette impression de mélancolie et de malaise ? Du titre, tout d’abord, car évoquer une « chute de vélo », c’est exprimer autant l’enfance que des souvenirs douloureux, et parler au même degré de cercle tragique inexorable que de destinée humaine. Titre qui ne se raccorde visuellement ni à un vélo ni à enfant et le rend donc d’autant plus troublant…

  Cette impression de malaise se glisse de manière subtile dans le champ visuel : notre œil est tôt ou tard accroché par la masse noire de la haie sur la gauche (côté négatif symbolique), haie visiblement mal entretenue (des branches folles dépassent) et dont l’ombre répercutée sur la route trace une courbe insinueuse du terrain situé au-delà : alors seulement nous remarquerons le portail légèrement entrouvert, comme un appel au franchissement. Frontière ou limite inscrite dans l’espace entre les deux poteaux électriques, puisque le village se trouve après, mais que notre champ d’action se situe en amont ; village situé sous un ciel bleu alors que la zone circonscrite derrière la haie est sous un ciel jaunâtre, de beaucoup plus orageux…

 Fracture ou faille spatiale signifiée, la rue se poursuit comme un courant que l’on ne serait retenir : pas de témoins, pas de témoignages, mais une certaine « image des choses », comme une carte postale, qui entre murs et clocher, se serait laisser emporter par le vent et par le temps. C’est tout l’art de Davodeau, exprimé en une couverture qui est un tableau silencieux autant qu’un long chuchotement.

 

Pistes supplémentaires :

- http://www.etiennedavodeau.com/ : site officiel de l’auteur.

- http://www.bdtheque.com/interview-etienne-davodeau-40.html et http://www.bruitdebulles.com/spip.php?article109: deux interviews d’Etienne Davodeau, concernant la perception de son œuvre et ses méthodes de travail.

- http://www.france5.fr/bd/index.php?page=bd-bande-dessinee-videos&id_document=1003: interview vidéo et dossier France 5 BD.

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes Ed. Dupuis©.

Les Bijoux de la Castafiore

Lundi 22 septembre 2008

  DOSSIER PEDAGOGIQUE /

 LES BIJOUX DE LA CASTAFIORE 

(HERGE) -  

Dossier téléchargeable : Les Bijoux de la Castafiore dans Couverture mythique pdf 6lesbijouxdelacastafiore.pdf

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  L’album :

 L’album des Bijoux de la Castafiore, paru à l’origine dans l’hebdomadaire Tintin en 1963, a une place tout à fait à part dans la série des Aventures de Tintin. Souvent préféré des tintinophiles avertis, cet épisode, vingt et unième de la série, est celui dont Hergé dit :

 « Mon ambition était de simplifier encore, de m’essayer à raconter, cette fois, une histoire où il ne se passerait rien. Sans aucun recours à l’exotisme (sauf les romanichels : l’exotisme qui vient à domicile !). Simplement pour voir si j’étais capable de tenir le lecteur en haleine jusqu’au bout ! » (Numa Sadoul, Entretiens avec Hergé, p. 70)

 Ou encore :

 « L’histoire a mûri de la même façon que les autres mais a évolué différemment, parce que j’ai pris un malin plaisir à dérouter le lecteur, à le tenir en haleine tout en me privant de la panoplie habituelle de la bande dessinée : pas de « mauvais », pas de véritable suspense, pas d’aventure au sens propre… Une vague intrigue policière dont la clé est fournie par une pie. N’importe quoi d’autre, d’ailleurs aurait fait l’affaire : ça n’avait pas d’importance ! Je voulais m’amuser en compagnie du lecteur pendant soixante-deux semaines, l’aiguiller sur de fausses pistes, susciter son intérêt pour des choses qui n’en valaient pas la peine, du moins aux yeux d’un amateur d’aventures palpitantes. »

Parvenu à l’apogée de son œuvre, Hergé s’amuse à en renverser les thèmes et les codes traditionnels ; il s’offre en quelque sorte le luxe d’une géniale parodie du récit d’aventure, dans un album qui se résumera à un drame domestique à huis clos, dans et autour d’une propriété de Moulinsart érigée en vaste décor théâtral.

  

  L’intrigue en résumé :

   Tout va pour le mieux à Moulinsart, sauf l’escalier dont une marche est cassée. Une lettre de la Castafiore annonce son arrivée imprévue. Sur le point de partir, Haddock se fait une entorse, ce qui le force à rester et à affronter la tempête musicale. Accompagnée de sa camériste Irma et de son pianiste Igor Wagner, Bianca s’installe au château. Bientôt suivent une horde de journalistes qui ne tardent pas à inventer une rumeur de mariage entre elle et Haddock. Survient alors le vol de son émeraude…

 

 Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

NIVEAU 1

- Quel est le titre de la B.D.? Quel est le nom de son auteur et où ce nom est-il écrit ? Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

- Quel est le nom de l’éditeur ?

- Pourquoi, à votre avis, les mots écrits sur la couverture sont-ils de tailles différentes ?

- Que représente l’illustration ? (la décrire)

- Quelles sont les couleurs dominantes de l’illustration ?

- Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l’illustration ? Quelles informations supplémentaires fournit éventuellement l’image ?

NIVEAU 2

-   Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après cette couverture, imaginez en quelques lignes quelle pourrait être l’histoire racontée dans la B.D.

- A qui s’adresse Tintin? Est-ce une attitude courante sur une couverture d’album de bande dessinée?

-  Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D.? Pourquoi ? En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

NIVEAU 3

- Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. Identifiez le lieu de l’action principale.

- A quel genre littéraire et cinématographique se rattache selon vous cette couverture? Expliciter vos choix.

- Trouver tous les détails qui suggèrent dans l’image l’idée de suspense.

- A votre avis, que signifie le geste amusé adressé par Tintin au lecteur?

- Chercher d’autres œuvres d’art où un personnage, sinon l’artiste lui-même, a le regard tourné vers le spectateur.

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Annonce de la prépublication des Bijoux, en couverture du Journal de Tintin n°665 (20 Juillet 1961).

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Planche-annonce publicitaire parue dans le Journal de Tintin.

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Crayonné de la couverture par Hergé.

 

 Lecture et analyse de la couverture :

  On l’a dit, Les bijoux de la Castafiore est un chef-d’oeuvre d’anti-récit.  Pas d’aventure renversante donc, ni de voyage au bout du monde, à peine une énigme, quelques fausses pistes et point de coupables : tel se présente l’album de tous les contre emplois. Rien, ni les personnages, ni le décor et encore moins le récit, n’échappe à ce mouvement de retournement. Hergé s’amuse à troubler sa fameuse « Ligne Claire » (expression créée en 1977 pour qualifier le style graphique hergéen).

 Si ce constat est évident une fois le livre refermé, il l’est moins quand on ne l’a pas encore lu : la question est donc de savoir si Hergé n’aurait pas conçu sa couverture comme un « jeu » digne de Sherlock Holmes. Ambiance, personnages, lettrages et typographies, couleurs, tout semble effectivement en représentation, voir en sur-indication, comme autant de signes adressés aux lecteurs les plus clairvoyants et perspicaces.

 Commençons par le début…

  Le titre s’accompagne d’une typographie emblématique à la fois de la série Tintin et des titres des Aventures de Blake et Mortimer (E.P. Jacobs étant l’un des proches collaborateurs d’Hergé dès 1943, associé au sein du Journal de Tintin à partir de 1946) : Hergé, toutefois, n’aura jamais réellement chercher à introduire systématiquement la notion de suspense dans le nom de ses aventures (voir le Secret de la Licorne ou l’Ile Noire en contre-exemples), à l’inverse d’un Jacobs friand de qualificatifs inquiétants (secret, mystère, énigme, marque, piège). Les Bijoux de la Castafiore est un titre simple, mais un titre en résonnance, puisque non seulement les fameux objets de valeur figurent « incrustés » en lieu et place des lettres « o », mais aussi que leurs couleurs attirent l’œil (un rubis et une émeraude ?) et que, finalement, ils poussent le lecteur à sur interprétation. « O » ou « Oh, que va-t-il arriver à ces bijoux ? » Pourquoi nous en parle-t-on ? Titre de roman policier ou de film (on songe à Arsène Lupin ou au film La main au collet (A. Hitchcock – 1955)), affaire annoncée avant même sa mise en situation, à comparer avec la véritable Affaire du collier de la reine (1785), qui sera transformée par Jacobs en Affaire du collier en 1967 dans un album également très en résonnance…

 Si les bijoux sont mis au centre de l’intrigue, c’est qu’ils sont – surement – appelés à disparaitre, vouloir être volés ou enjeux de conflits personnels, bref, un enjeu scénaristique certain. Que constate de plus le lecteur-enquêteur ? Que ces mêmes bijoux, appartenance de la célèbre diva, ne sont pas portés à son coup (on imagine une parure ou un collier, plus qu’une bague ou un bracelet), et donc en quelque sorte déjà escamotés ou en train de l’être…

Effet de résonnance, encore, puisque l’air préféré de la Castafiore est précisément celui des Bijoux, extrait d’opéra fameux issu de l’Acte III du Faust de Gounod (1859), qu’elle semble chanter sur ce visuel ! Et d’un air à « envoler », il n’y a bien sur qu’un pas…

 Quid ensuite du décor, de l’ambiance ?

 On remarquera d’abord la présence insolite de caméras, d’un tournage, et de figures inconnues pour les fidèles lecteurs des aventures du jeune reporter. Placée dans la lumière d’un projecteur, il y a littéralement « mise en scène » : une grande porte fenêtre et les reflets sur le sol suffisent à évoquer le cadre luxueux (celui du Château de Moulinsart), tandis que la Castafiore est en représentation, habillée d’un rouge vif qui vient compléter les couleurs dominantes de cette couverture. Rouge, jaune, bleu marine, vert sombre et noir, soit un parfait résumé des couleurs associées au récit policier (à commencer par la célèbre maquette de la collection Le Masque, dont le titre en jaune et noir est un parfait reflet). Cette mise dans la lumière artificielle s’accompagne d’une obscurité (fait-il nuit ?) très oppressante, abîme où se glissent l’ensemble des personnages et animaux ici dessinés, comme pour mieux s’y confondre.

  Maitre de la fausse piste, Hergé pousse ici très loin les signaux distinctifs : si les bijoux sont menacés, c’est qu’un coupable rôde dans les environs… Le pianiste (Igor Wagner) et son regard en coin (ayant toutes les bonnes raisons de ne plus supporter le rossignol Milanais…), l’homme à gauche derrière le Capitaine Haddock (un journaliste qui peu se déplacer où il veut dans le Château sans être inquiété…), le caméraman (son visage ne peut pas être vu puisqu’il nous tourne le dos…), Milou et le chat (induisant le jeu du chat et de la souris…) : tous des coupables en puissance !

 A ceci près que…

 Hergé, opérant en tant que metteur en scène ingénieux, met en abyme et ses albums, et ses personnages, et sa propre intervention : comment faire interagir le lecteur et le prévenir avant même qu’il ne se lance dans l’aventure, si ce n’est par l’intermédiaire de Tintin ? Sourire amusé en coin, doigt sur les lèvres et cadré en plan rapproché, Tintin-Hergé regarde le lecteur en en stupéfiant geste extra-diégétique. Le héros de fiction est-il alors conscient d’être regardé, suivi ? Proche d’une Joconde énigmatique à laquelle il reprend sa posture, Tintin nous adresse juste un « taisez-vous, faites silence, regardez bien… Le spectacle a déjà commencé… ». A moins qu’il ne s’agisse d’un « Chut ! Soyez vigilant et ouvrez l’œil ! »… Dépassant le stade pictural de l’autoportrait masqué, Hergé se donne l’apparence de Tintin, dans une invitation amusée à rentrer dans la scène qui tient tout à la fois de l’espièglerie d’un putto issu de la Peinture Italienne (patrie de l’Opéra) et du mystère teinté de sérieux d’un Botticelli (visible dans son Adoration des Mages – 1474) ou d’un Velasquez (Les Menines – 1656).

  Champ, cadre, espace, lieu, scène, case : la couverture des Bijoux de la Castafiore est aussi une entrée en matière et une introduction. C’est une invitation à tourner la page, à venir voir et à tenter de décrypter. Une mise en image qui se double surtout, et dans l’esprit d’Hergé, d’une exceptionnelle mise dans l’image.

 

 Pistes supplémentaires :

- http://tintin.france3.fr/ : site officiel de la série d’Hergé.

- http://www.tintin.free.fr/ et http://www.free-tintin.net/ : deux sites non-officiels

- http://www.tintinmilou.free.fr/francais.htm : autre site non officiel, relativement complet et accompagné de nombreux dossiers d’études.

- http://www.bellier.org/: site non officiel remarquable contenant les fac-similés des pages, planches et images du Journal Tintin depuis ses origines. On y retrouvera 31 pages originelles des Bijoux de la Castafiore, pré-publiées en 1961 et 1962.

- http://lejournaldetintin.free.fr/: site du Journal de Tintin.

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Air_des_bijoux : le fameux Air des Bijoux de Faust par Charles Gounod.

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes Hergé, Editions Moulinsart et Casterman©.

Les images présentes sur ce site sont l’œuvre originale d’Hergé et de Moulinsart.
Aussi, Moulinsart S.A. n’est en aucune façon responsable de ce site Internet.

Lucky Luke t.08 : Phil Defer

Samedi 20 septembre 2008

DOSSIER PEDAGOGIQUE /

LUCKY LUKE et PHIL DEFER (MORRIS) -  

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Dossier téléchargeable : Lucky Luke t.08 : Phil Defer dans Couverture mythique pdf 5luckylukeetphildefer.pdf

 

  • La série Lucky Luke :

  Le personnage de Lucky Luke apparait à la fin de l’année 1946 au sein du Journal de Spirou, magazine extrêmement populaire lancé depuis 1937 par l’éditeur belge Jean Dupuis. Imaginé par le dessinateur Morris (de son vrai nom Maurice de Bévère, 1923 – 2001), le  cow-boy qui « tire plus vite que son ombre » trouvera son apogée avec les collaborations scénaristiques de René Goscinny, de 1957 à 1977. Lucky Luke sera publié dans le journal Pilote de 1967 à 1973, et paraitra directement sous forme d’album cartonné aux Editions Dargaud après cette date. A la disparition de Morris, le héros est repris par Achdé et Laurent Gerra dès 2001 sous un nouveau titre (Les aventures de Lucky Luke d’après Morris).

  Hommage parodique truffé de références au Western et au cinéma hollywoodien, la série a installé une galerie de personnages emblématiques qui comptent certainement parmi les plus connus du 9ème Art (Les frères Dalton, Jolly Jumper, Rantanplan, etc.), aux côtés de ceux d’Hergé (Tintin) et d’Uderzo (Astérix).

 

  • L’album :

  Phil Defer « le Faucheux » (titre complet apparaissant en page de titre) est le huitième album de la série et parait en 1956. C’est chronologiquement le dernier récit imaginé par Morris seul, avant que n’intervienne René Goscinny, qui modifiera en profondeur dans ses futurs scénarii la psychologie des personnages comme l’arrière-plan humoristique. Phil Defer apparait ainsi encore aujourd’hui comme un album au ton très dur et cynique : la mort y est montrée ou suggérée de nombreuses fois alors que la censure l’interdisait explicitement depuis 1949 pour les ouvrages à destination de la jeunesse. Dans la prépublication parue en  1954 (au sein du programme radiophonique hebdomadaire Le Moustique), le tueur impitoyable au physique filiforme du titre sera in fine la dernière victime par balles de Lucky Luke, après l’élimination des Frères Dalton dans le tome 4 de la série (Hors-la-loi). La censure et les Editions Dupuis pousseront Morris à modifier la fin avant la publication en album : le tueur n’est plus mort mais sa blessure à l’épaule signifie l’arrêt de sa « carrière »…

  • L’intrigue en résumé :

   À Bottleneck Gulch, le propriétaire de l’unique saloon, O’Sullivan, fait des affaires en or. Mais un nouveau saloon, dirigé par O’Hara, venant lui faire concurrence, O’Sullivan décide de faire appel à un tueur professionnel, Phil Defer, afin de se débarrasser de cette concurrence entreprenante. Cependant celui-ci croisera le chemin de Lucky Luke, ami de O’Hara…

 

  • Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

NIVEAU 1

- Quel est le titre de la B.D.? Quel est le nom de son auteur et où ce nom est-il écrit ? Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

- Quel est le nom de l’éditeur ?

- Pourquoi, à votre avis, les mots écrits sur la couverture sont-ils de tailles différentes ?

- Que représente l’illustration ? (la décrire)

- Quelles sont les couleurs dominantes de l’illustration ?

- Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l’illustration ? Quelles informations supplémentaires fournit éventuellement l’image ?

 

NIVEAU 2

-   Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après cette couverture, imaginez en quelques lignes quelle pourrait être l’histoire racontée dans la B.D.

-   Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D.? Pourquoi ? En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

NIVEAU 3 

- Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. Identifiez le lieu de l’action principale.

- A quel genre cinématographique se rattache selon vous cette couverture? Quel type de scène issue de ce genre fameux la couverture illustre-t-elle? Expliciter vos choix.

- Trouver tous les détails qui suggèrent la menace ou l’idée de mort dans le dessin.

- Tenter de comprendre en quoi cette couverture a pu marquer la création artistique postérieure; trouver ou commenter des exemples de visuels relativement proches.

 

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Couvertures dans leurs versions successives de 1956, 1970, 1977 et 1992.

 

  • Lecture et analyse de la couverture :

 

 Dès 1948, Morris part s’installer aux Etats-Unis en compagnie de Jijé (Joseph Gillain, créateur notamment  de la série Western réaliste Jerry Spring en 1954) et de Franquin (créateur de Gaston Lagaffe en 1957). Après un court séjour au Mexique, il s’immerge dans le « mythe américain », entre comic-book et cinéma, rencontre René Goscinny à New-York et continuera jusqu’en 1955 d’envoyer ses planches de Lucky Luke aux Editions Dupuis situées en Belgique. Phil Defer est dans la série Lucky Luke l’album frontière et passerelle entre cette recherche de culture américaniste et un âge d’or créationniste du 9ème Art, aux traits franco-belges.

 La couverture de Phil Defer est à la fois mythique et insolite : symbolique d’un genre tout entier (le Western) et de sa scène la plus signifiante (le  duel), elle est aussi déroutante (le héros est minuscule et on en distingue pas le visage du tueur). On verra plus loin que la symétrie inhérente à la construction graphique de cette couverture en fait l’une des plus simples et des plus élaborées jamais parues.

 Il existe à vrai dire au moins quatre visuels (tous relativement proches) de cette couverture, correspondant aux éditions successives : la version originale de 1956, celle de 1970 (où la numérotation des albums apparait en couleur violette), puis celle de 1977 (numérotation en couleur noire et re-colorisation de Phil Defer en violet) et enfin celle de 1992 (apparition d’un bandeau titre, suppression du « et » entre Lucky Luke et son adversaire, le nom de la série et la numérotation sont désormais rapprochés et de couleurs identiques).

 Ce qui frappe en priorité, c’est la différence de taille entre Lucky Luke et le supposé Phil Defer : le rapprochement entre le titre et le premier plan se fait sur le jeu de mot connoté (« fil de fer » suggérant une taille et une maigreur démesurée) et donc un raccourci à la fois sémiologique et sémiotique. Le lecteur en déduit assez aisément l’idée d’une menace qui vient envahir tout le cadre, en plein champ : menace de mort (personnage habillé en noir et rouge/mauve, doublement armé et s’apprêtant à dégainer face au héros traditionnel, relation aux sinistres vautours), menace anonyme (visage inconnu) et menace « idéologique » archétypale (le grand méchant, l’opposant, le « faucheux » : dans cette ville, il ne peut en rester qu’un…). Plus encore que les couleurs portées emblématiques (noir et rouge comme la mort et le sang, mais aussi le coup de poker final entre les deux établissements concurrents), le personnage de Phil Defer est visuellement l’antithèse du héros (qui porte un stetson blanc) de par ses manies de desperado professionnel (gants noirs, ceinture munie de cartouchière et  holsters attachés par un lacet à la cuisse).

 Second rapport important à l’image, la symétrie et le jeu sur les espaces : si la taille de Phil Defer relie la terre au ciel (son but étant d’envoyer Lucky Luke à la fois « 6 pieds sous terre » et auprès de St Pierre…), elle le relie surtout à son propre nom-titre, venant le scinder en deux parties inégales (4 lettres et 5 lettres : l’humanité (de philein, aimer en grec) à gauche et la clôture (fil de fer) à droite).

  Tout le reste du visuel est à l’avenant : sans rien connaitre de l’histoire, on en déduit que deux saloons (l’As de pique et l’As de cœur) se concurrencent. L’un (à gauche) est soutenu par Lucky Luke : son cheval, Jolly Jumper, y est attaché afin de s’abreuver ; des as de cœurs (couleur rouge aux cartes) en ornent la façade et les portes rabattantes d’entrée très caractéristiques. Encore mieux : le nom même de Morris y est inscrit, signifiant ultime du camp où se range l’âme du dessinateur…  A l’opposé, le second saloon est le lieu de prédilection choisi par les vautours, et se distingue en enseigne par ses as de piques (à la fois armes et de couleurs noires aux cartes). Entre ces deux lieux se tiennent deux hommes mais aussi deux espaces, l’arrière et l’avant, et deux conceptions du temps, le passé/présent et  le futur. N’oublions pas que cinématographiquement parlant le Western est un temps, un cadre (ville pionnière, plaines, canyon ou désert) et un horizon : ici, le cadre est purement théâtralisé (qu’y a-t-il derrière la palissade en arrière plan ?), l’espace circonscrit à un intervalle réduit et le temps l’enjeu (rapide) d’un duel déjà joué sur la couverture (Lucky Luke ayant déjà le revolver à la main, pointé sur le méchant).

 Jeu d’ombres et de lumières, Morris dessine ici sa couverture comme un archétype visuel ultime : celui du duel hollywoodien entre son héros « chanceux » (Lucky) et un adversaire caricatural qui est aussi la caricature d’un véritable acteur : en l’occurrence Jack Palance (1919 – 2006), célèbre figure du cinéma des années 1950 et 1960, que l’auteur aura certainement repéré en 1953 dans L’homme des vallées perdues (G. Stevens), film où il incarne le mal absolu, en tueur justement filiforme et vêtu de noir.

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Jack Palance dans  l’Homme des vallées perdues (G. Stevens – 1953).

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Jack Palance en Phil Defer et Lee Van Cleef parodié dans son rôle de Chasseur de primes par Morris (1972).

 Image géniale de Bande Dessinée et de Cinéma, la couverture de Phil Defer préfigure à elle seule le renouveau du genre Western par Sergio Léone puis Clint Eastwood après 1964 : on retrouve la silhouette de Phil Defer en effet aussi bien dans le personnage du Colonel colporté par l’acteur Lee Van Cleef (successivement dans Et pour quelques dollars de plus (1965) puis Le Bon, la Brute et le Truand (1966) ; l’acteur sera parodié à sont tour par Morris avec l’album Le Chasseur de primes (1972), inspiré de ces films), que dans celle du tueur d’Il était une fois dans l’Ouest (1968), où Henry Fonda est également filiforme et vêtu de noir. Dans ce dernier film, les scènes d’ouverture et de clôture rejoignent à la perfection les enjeux installés chez Morris dans la profondeur de champ de sa couverture. Inutile de préciser que la filmographie de Clint Eastwood est riche de nombreux personnages « reflets » soit de Phil Defer soit de Lucky Luke, à commencer par ceux de « l’homme sans nom » de L’homme des hautes plaines (1973) et du « cavalier solitaire » de Pale rider (1985), film qui est le remake de L’homme des vallées perdues

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Il était une fois dans l’Ouest (S. Léone – 1968) : l’affiche reprend la fusillade de la scène mythique du duel qui ouvre le film. « L’homme à l’harmonica » (Charles bronson) contre le tueur Franck (Henry Fonda), dans la scène finale…

 Image clé esthétiquement parlant, ensuite, que l’on retrouve sous une autre forme dans l’affiche imaginée par le designer américain Bill Gold (par ailleurs collaborateur de Clint Eastwood, le monde est petit…) pour le douzième film de la saga James Bond, Rien que pour vos yeux (J. Glen 1981). Un duel orchestré entre gents masculine et féminine que l’on retrouvera- sous forme d’hommage cette fois – en couverture de Spirou et Fantasio sous l’œil amusé de Tome et Janry (Qui arrêtera Cyanure ? en 1985 – Editions Dupuis). Les mêmes signeront un Petit Spirou (Tu ne s’ras jamais grand ! – Editions Dupuis) en 2003, également très ressemblant.  Clôturons cette liste avec… la couverture de Morris pour Le 20ème de cavalerie, vingt-septième album de la série Lucky Luke, paru en 1965.

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  Image au dynamisme figé (le déclenchement de la violence ou de l’action dans l’instant qui les précède), image interactive (le jeu de regard avec le lecteur est impliqué dans un point de fuite qu’il ne peut éviter), image impossible (le trucage digne de Méliès sur la profondeur de champ, le fait d’être physiquement dans et en dehors du cadre en tant que lecteur), la couverture de Phil Defer revêt toute sa connotation symbolique dans le fait de nous positionner quelque part dans la ligne précise de tir des opposants : chez Morris, nous sommes déjà dans l’Histoire et dans le Western.

 

  • Pistes supplémentaires :

- http://www.lucky-luke.com : site officiel de la série.

- http://www.bangbangluckyluke.com et http://www.fandeluckyluke.com  : deux sites non officiels très complets.

- http://nbjpr.free.fr/index.htm : Planète Lucky Luke: site personnel où sont notamment consultables toutes les couvertures de chacun des albums.

- http://www.cineclubdecaen.com/analyse/westernfilms.htm et http://fr.wikipedia.org/wiki/Western : dossiers sur le genre Western et filmographie.

- http://www.westernmovies.fr/ : le Western au cinéma.

- http://boomer-cafe.net/version2/index.php/Stars-et-vedettes-des-annees-50/Jack-Palance-la-gueule-de-l-emploi.html : résumé de la carrière de Jack Palance (photos et extrait vidéo de L’homme des vallées perdues).

- http://www.sceren.fr/tice/teledoc/plans/plans_iletait.htm : dossier Télédoc sur le chef d’œuvre de Sergio Léone, Il était une fois dans l’Ouest.

- http://eastwoodclint.free.fr/: site français consacré à l’acteur.

 

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes Editions Dupuis, Dargaud et Lucky Comics ©.

Peter Pan t.01 : Londres

Lundi 15 septembre 2008

  DOSSIER PEDAGOGIQUE /

PETER PAN T.01 : Londres

(Régis LOISEL)  

Dossier téléchargeable :  Peter Pan t.01 : Londres dans Déc'ouverte pdf 4peterpan.pdf

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  • L’album :

 Premier d’un série de six albums qui paraitront entre 1990 et 2004, Peter Pan t.01 : Londres est un nouveau coup de maitre pour un auteur alors essentiellement connu pour la série d’héroic-fantasy La Quête de l’Oiseau du Temps signée avec Serge Le Tendre (1983 à 1987 – Dargaud). Pour Loisel, il s’agissait avant tout de livrer une version plus proche de l’esprit de l’œuvre originelle de James Matthew Barrie, parue entre 1902 et 1911. C’est une vision adulte, à la fois tourmentée et féérique, sombre et romanesque, qui répond à bien des interrogations sur la propre genèse du personnage, jeté entre monde imaginaire et époque victorienne décadente.

  • L’intrigue en résumé :

  Londres, 1887. Le jeune Peter se bat pour survivre entre une mère alcoolique et les faubourgs nauséeux de la cité. Son imagination et les contes du vieux Mr. Kundall sont les seuls instants de bonheur qu’il peut s’offrir au milieu de la misère et de l’absurdité du monde des adultes. Tout bascule le jour où il rencontre une petite fée égarée, Clochette, qui vient pour l’emmener dans son monde imaginaire. Là-bas il rencontrera des fées, des lutins, des sirènes, des indiens, un capitaine que l’on n’appelle pas encore Crochet et un jeune satyre nommé Pan…

 

  • Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

NIVEAU 1

- Quel est le titre de la B.D.? Son sous-titre? Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

- Le nom de l’éditeur apparait-il ?

- Pourquoi, à votre avis, les mots écrits sur la couverture sont-ils de tailles différentes ?

- Que représente l’illustration ? (la décrire) A quelle époque se déroule selon vous cette aventure?

- Quelles sont les couleurs dominantes de l’illustration ?

- Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l’illustration ? Quelles informations supplémentaires fournit l’image ?

 

NIVEAU 2

-   Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après cette couverture, imaginez en quelques lignes quelle pourrait être l’histoire racontée dans la B.D.

-   Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D.? Pourquoi ? En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

- A quel personnage de légende vous fait penser le «joueur de flûte» ?

 

NIVEAU 3

- Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. Identifier le lieu et l’époque dans lesquels se déroule l’action principale.

- Que signifie selon vous l’évolution entre les visuels de 1ère et de 4ème de couverture?

- A quel(s) genre(s) littéraire(s) ou cinématographique(s) se rattache(nt) selon vous cette couverture? Expliciter vos choix.

 

  • Lecture et analyse de la couverture :

 

 Peter Pan… En choisissant ce titre pour un nouvel album en 1990, Loisel cherchait avant tout un titre simple et universel, compréhensible par la grand public et plus facile à promouvoir pour le jeune éditeur qu’étaient alors les éditions Vents d’Ouest. Si la mythologie de « l’enfant refusant de grandir » décrite par J.M. Barrie est connue de tous, elle est aussi ancrée à l’époque dans un graphisme purement disneyen, suite à l’adaptation animée de 1953. Le challenge pour Loisel était donc tout à la fois de modifier cette donne visuelle et de basculer les référencements instaurés. Que connait-on au juste de l’enfant Peter ou du héros Peter Pan ?

  Entre reconstitution, documentation et interprétation, l’histoire, dessinée à la manière d’un récit de Charles Dickens, se devait d’amorcer à la fois un cadre, une ambiance, un itinéraire et l’univers du Merveilleux.

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 Les projets de couverture pour ce tome 1 (visibles dans les ouvrages L’envers du décor et Loisel, dans l’ombre de Peter Pan) nous donnent à voir tour à tour différentes versions de la première rencontre entre le jeune Peter et la Fée Clochette, visages agrémentés de boiseries et cheminées londoniennes. Le choix final de Loisel est donc particulièrement révélateur de sa tendance à « évacuer » l’imagerie traditionnelle, au profit d’un décor planté comme toile de fond théâtrale et lieu de passage tout autant que de quête initiatique.

 Peter Pan, Londres : la nuit, un hiver rigoureux, une ruelle étroite et sordide, où les rats pullulent (« Londres, le froid, la faim et la misère… » sont les premiers mots de l’album). S’agit-il réellement de Peter, ou plutôt d’un orphelin issu des Misérables (le personnage de Gavroche est visuellement très proche dans le roman de Hugo, écrit en 1862) ou du Oliver Twist de Dickens (1837) ? Lire l’image de la couverture, c’est voir une enfance abandonnée, orpheline, en proie au Mal sous toutes ses formes (maladie contagieuse transmise par le rat, alcool,…), autant qu’un récit de l’errance. Car, en dépit d’une vue en contreplongée venant isoler encore plus l’unique personnage humain dessiné (dont on aura peut-être d’ailleurs du mal à savoir s’il s’agit d’un enfant ou d’un adulte, du fameux Peter Pan ou d’un autre caractère), force est de constater que « Peter » semble bien de fait contrôler son destin : cheminement de la gauche vers la droite (sens de lecture, positif), rai de lumière venant contrebalancé les ténèbres et musique ensorceleuse qui attire les rongeurs. Il y a un rapport inquiétant de l’imaginaire au réel, du monde magique au monde réel, qui éclate sur ce visuel dans le contraste saisissant entre les couleurs froides du dessin et celles très chaudes des textes. Le Peter Pan de Loisel, comme le Joueur de flûte d’Hamelin des Frères Grimm, résonne comme une menace et un avertissement : qui peut se jouer du Destin dans le rapport de force entre l’Ici et l’Ailleurs ?

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 Il faudrait bien sur dans un deuxième temps montrer aux élèves la notion de cycle et de quête initiatique en visualisant l’ensemble des quatrièmes de couverture de la série : la Fée Clochette se substitue à Peter au dos du tome 1, une ombre adulte inquiétante suit leurs traces au dos du tome 2 pour se révéler pleinement au dos du tome 3 (surgit alors le macabre Jack l’Eventreur, sinistre docteur à la lourde sacoche). Le volume suivant voit cette fois-ci l’ombre silhouettée et finalisée de Peter devenue « Pan », portant la même trousse de médecin que le meurtrier précédemment évoqué : personnage entièrement dévoilé au dos du tome 5, dans la posture semi-mythologique du Dieu Pan, jouant consciencieusement d’une flûte renvoyant à la même déité, et insouciant des éléments extérieurs. Le tome 6 clôt cet ensemble avec le sillage de la fée Clochette repartant dans le sens inverse de l’itinérance débutée au premier album. Le rideau tragique retombe, fin du dernier acte…

 Atmosphère Victorienne, ambiance délétère propice au crime (l’album débute en 1887, soit un an avant le roman et le début de la vague d’assassinats commis par Jack l’Eventreur), lieu des conflits entre adultes et enfants, de la confrontation entre rêves et réalités : Londres est le décor psychologique de la série tout autant que du lecteur, qui y cherchera à l’évidence Oliver Twist et Sherlock Holmes, et peut-être encore plus Fagin ou James Moriarty. Ceux-ci sont les évidents annonciateurs du Capitaine Crochet, qui est aussi le double antinomique de Peter Pan (la nouvelle l’Etrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hyde est publiée par Robert Louis Stevenson en 1886).

  Dernière interrogation légitime en rapport avec cette couverture : où est passé le « vert » emblématique et de Peter Pan, et des ouvrages de Loisel ? Couleur verte symbolique de l’espoir et de la renaissance, du Destin et de la Fortune, mais aussi couleur changeante, redoutée dès le Moyen Age et perpétuée par un Diable déguisé en Homme Vert dans le folklore anglo-saxon. Couleur d’une certaine liberté, enfin, entre cieux et enfers, dans l’attente d’un passage, sinon d’une Résurrection.

  Voilà ce qui est dévoilé in fine, dans l’ombre de Peter Pan… et donc en jeu de miroir entre couvertures.

  Jeu aléatoire du renvoi des références littéraires et graphiques, aussi, qui s’exprime ici entre le dehors et le dedans, le vu et le perçu, le cadre et le hors champ (là ou va Peter, soit l’intérieur de l’album ou le Pays Imaginaire…). Le visuel sera lu dans l’album (à la case 1 de la planche 23), après le passage de témoin entre Mr Kundall et Peter : témoignage du récit en devenir, l’objet-livre (en l’occurrence l’Odyssée d’Homère) a paradoxalement disparu en couverture, si ce n’est dans les mains propres au lecteur, tandis que le dialogue de la case (« …un, livre, un livre plein d’histoires, c’est les copains qui vont être contents !» adresse un Peter insouciant aux rats qui l’environne) est laissé en suspens, lui aussi en devenir.

 

  • Pistes supplémentaires :

- http://www.ventsdouest.com/loisel/peter.html : site flash officiel du Peter Pan de Loisel (Editions vents d’Ouest).

http://www.france5.fr/bd/index.php?page=bd-bande-dessinee-videos&id_document=953: interview vidéo de Régis Loisel sur le site France 5 BD.

- http://www.regisloisel.com/ : le site de Régis Loisel.

- http://www.lefantastique.net/bd/dossiers/loisel/peterpan.htm : analyse des différents albums Peter Pan.

- http://www.sirjmbarrie.com/ : site consacré à James Matthew Barrie

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Joueur_de_fl%C3%BBte_de_Hamelin: lien Wikipédia sur la légende du Joueur de flûte de Hamelin.

- http://www.tueursenserie.org/article.php?id_article=8 et http://grands.criminels.free.fr/jacktheripper.html : récits d’enquêtes, théories et portraits de Jack l’Eventreur

 

  • Ouvrages de référence :

 - Série Peter Pan (Editions vents d’Ouest):

Peter Pan t.01 : Londres

Peter Pan t.02 : Opikanoba

Peter Pan t.03 : Tempête

Peter Pan t.04 : Mains Rouges

Peter Pan t.05 : Crochet

Peter Pan t.06 : Destins

 

- Peter Pan, l’envers du décor. Régis Loisel et Vents d’Ouest. Paris – 1991 et 1996.

- Les cahiers de la Bande Dessinée présentent: Loisel. Vents d’Ouest, Paris – 2004

- Loisel dans l’ombre de Peter Pan. Régis Loisel et Christelle Pissavy-Hivernault, Vents d’Ouest, Paris – 2006.

 

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Editions Vents d’Ouest – 1990, 1992, 1996, 2002 et 2004 -

Jason Brice t.01 : ce qui est écrit

Mercredi 10 septembre 2008

DOSSIER PEDAGOGIQUE /

JASON BRICE T.01 : ce qui est écrit

- (ALCANTE et M. JOVANOVIC) - 

Dossier téléchargeable  :  Jason Brice t.01 : ce qui est écrit dans Déc'ouverte pdf dossierjasonbrice.pdf

 

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  • L’album :

 L’ouvrage, paru an Août 2008, s’inscrit dans la collection Repérages de l’éditeur Dupuis, rendue prestigieuse de par le succès rencontré par des séries adultes orientées vers l’aventure, le policier et le thriller, telles que Largo Winch (Van Hamme et Francq), Soda (Tome et Gazzotti), Jessica Blandy (Renaud et Dufaux) ou Jérôme K. Jérôme Bloche (Makyo et Dodier). A l’instar de ces différents héros, le Jason Brice d’Alcante et Jovanovic est avant tout un enquêteur privé, agissant dans un monde aux menaces puissantes mais troubles. Le paranormal et le contexte Londonien de la Belle Epoque situent le scénario dans un ancrage aux références littéraires précises, dont le titre de ce premier volume délivre du reste la voie.

  • L’intrigue en résumé :

  Londres, 1920. Au lendemain de la Grande Guerre, nombreux sont les médiums et autres spirites qui contre espèces sonnantes et trébuchantes permettent à des mères ou épouses éplorées de « communiquer » avec leur fils ou mari disparu. Jason Brice, cartésien de nature et détective de profession, propose sa lucidité et ses services à ces femmes prêtes à tout croire. Il démonte les trucs, astuces et arnaques de ces marchands de l’occulte, pour qui le paranormal est un fonds de commerce très lucratif. Désabusé par l’inhumanité des uns et la naïveté des autres, Jason Brice ne croit plus en grand-chose, et certainement pas aux forces obscures ! Jusqu’au jour où une jeune et jolie femme lui demande d’enquêter sur un mystérieux livre où est raconté par le menu son proche assassinat…

  • Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

NIVEAU 1

               – Quel est le titre de la B.D.? Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

               – Quel est le nom de l’éditeur et de la collection ? Retrouver (au CDI ou en vous aidant d’ Internet et du site des Editions Dupuis (http://www.dupuis.com/FR/index.shtml) le nom d’autres séries connues de la même collection.

                - Pourquoi, à votre avis, les mots écrits sur la couverture sont-ils de tailles différentes ?

                – Que représente l’illustration ? (la décrire)

                – Quelles sont les couleurs dominantes de l’illustration ?

                – Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l’illustration ? Quelles informations supplémentaires fournit l’image ?

NIVEAU 2

                -   Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après cette couverture, imaginez en quelques lignes quelle pourrait être l’histoire racontée dans la B.D.

                -   Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D.? Pourquoi ?  En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?  En la comparant aux précédents projets, dire en quoi cette couverture est différente ou plus complète.

                 -  A quels autres héros de romans ou de films vous fait penser le nom «Jason Brice»? Expliciter l’accroche de la série «le détective de l’occulte ».

NIVEAU 3

                – Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. Identifier le lieu et l’époque dans lesquels se déroule l’action principale (aidez-vous des précédents projets de couvertures).

               – Que signifie selon vous le titre ?  A quoi fait-il référence ?  Faire des recherches sur l’ouvrage «Le Titan» visible sur le dessin de couverture.

               – A quel(s) genre(s) littéraire(s) ou cinématographique(s) se rattache(nt) selon vous cette couverture ? Expliciter vos choix.

  • Lecture et analyse de la couverture :

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  La première de couverture du premier tome de Jason Brice a donné lieu à plusieurs projets successifs, tous sujets de débats entre le scénariste Alcante, le dessinateur Milan Jovanovic, le maquettiste Franck Achard et le coloriste Sébastien Gérard. Image référente dès le début pour le maquettiste Franck Achard, une couverture réalisée par le dessinateur américain Mike Mignola pour le Comics Journal (n°189, d’Août 1996) fut l’élément déclencheur : en dépit d’une atmosphère assez proche de Jason Brice (Notes : le héros de Mignola, Hellboy, est un démon à forme humaine agissant dans le contexte de la Deuxième Guerre Mondiale, mais inspiré des récits de Lovecraft et de Poe), Achard ne souhaitait toutefois pas imposer sa vision des choses.  Le premier et le second projet de couverture (essais originaux du dessinateur) traduisent une interrogation première autour du personnage : le héros est-il un homme de sciences ou un homme de lettres ? Squelettes, objets d’arts inquiétants de différentes nationalités, animaux difformes et autres sujets de collections dignes d’un Muséum d’Histoire Naturelle ou d’un Cabinet de curiosités début de siècle laissent la place à des signes cabalistiques et ésotériques. Différence encore, d’un projet à l’autre, entre le « vu » et le « lu » pour le héros, ainsi placé d’emblée entre imaginaire et fiction, crédulité et incrédulité. L’époque n’est pas immédiatement perceptible, même si le contexte scientifique précédemment évoqué y fait ouvertement référence, de surcroit pour un lecteur déjà habitué à parcourir les aventures d’Adèle Blanc Sec (Tardi), de Sherlock Holmes ou d’Harry Dickson.

 Le troisième projet de couverture (également essai original de M. Jovanovic), instaure une double évolution : une atmosphère de réflexion trouble et inquiétante (le héros n’est plus « in situ »), où le personnage se rapproche cette fois-ci des pratiques de l’occultisme et du spiritisme, dans une position assise qui évoque cependant la prière (et donc l’exorcisme). Ce qui frappe le plus le lecteur est toutefois que le héros le fixe dans les yeux, comme lourd témoin ou responsable d’une tragédie en devenir… Sentiment renforcé par la présence de la pipe d’opium et d’un logo-titre qui se teinte de gouttes de sang. On rapprochera ce dessin d’autres images récentes et similaires, telles que la première de couverture de Double Gauche t.3 : Mimsy (Corbeyran et Formosa – Dargaud – 2007), celle du onzième volume de la série le Chant des Stryges (Corbeyran et Guérineau – Delcourt – 2007) ou l’affiche du film Munich de Steven Spielberg (2006), pour des ambiances aussi sourdes les unes que les autres (la couverture du premier volume de Largo Winch étant à l’inverse plus légère).

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Une ambiance bien assise… En haut, la couverture du  Comics Journal par M. Mignola qui inspira le visuel finalisé.

 

 Alcante et Jovanovic livrent ensuite un quatrième projet qui conditionne visuellement les deux projets précédents. C’est finalement le maquettiste Franck Achard qui proposera aux deux auteurs un double visuel qui sera finalement retenu pour la version finale, très riche et détaillée. Ce dernier projet renoue avec l’illustration de Mignola signalée plus haut. 

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  Ce dernier projet mérite amplement d’être décortiqué, décrypté, analysé : on y repérera avant tout un logo-titre Jason Brice finalisé, connotant une inscription à la plume, tandis que la mention du tome n°1 (qui figurait au départ en chiffre romain au centre du « o » de Jason ») a tout bonnement disparue au profit du seul titre « ce qui est écrit » (littéralement… « Jason Brice ») et d’un losange blanc plus esthétique.

  L’ensemble du visuel cherche à répondre à la question « peut-on aller contre ce qui écrit ? ». Entre monde cartésien et puissances maléfiques obscures, le héros nous interroge. Une atmosphère de violence psychologique et physique est instaurée visuellement, de par des teintes rougeâtres très présentes et un décorum qui y fait référence (arme, combat, mort,…).  Le décor nous évoquera tour à tour un savoir hérité des Anciens (Grande Bibliothèque, dieux et héros mythologiques), des avancées scientifiques ou archéologiques (globe terrestre de salon, sujets d’études zoologiques, squelettes, statuettes précolombiennes,…) et un arsenal d’invocation des esprits (crâne, encensoir, bougies, runes, livres et objets cabalistiques divers). L’élément matériel s’y oppose au spirituel dans une association qui ne présage rien de bon : la Bible et le fusil, ou encore un revolver, un couteau et une bouteille d’alcool. Les symboles occultes des précédents visuels enrichiront la quatrième de couverture.

 L’ouvrage intitulé « The Titan » et signé de Morgan Fatoy est donné d’office au lecteur comme une piste d’investigation importante : une recherche simple le conduira au bien réel Naufrage du Titan, écrit par Morgan Robertson en 1898, livre étonnamment proche dans sa description du drame que subira le Titanic en Avril 1912. Ouvrage fictif et réel se croisent par conséquent pour donner le sel et la matière de l’aventure : qui croire, que savoir, à qui faire confiance ?

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  Si le contexte n’est peut-être pas immédiatement perceptible avec précision pour des élèves, ceux-ci arriveront du moins à voir que l’histoire de Jason Brice n’est pas contemporaine (aucun objet moderne comme un ordinateur ou un téléphone portable par exemple). La phrase « ce qui est écrit » renvoie également à un message biblique ou religieux qui peut faire écho à une interrogation sur le futur, l’histoire, l’ordre des événements ou le destin.

 L’aventure de Jason Brice multiplie bien sur dès la couverture les références littéraires et cinématographiques : un détective privé lié à l’occulte relie Jason Brice au Sherlock Holmes créé par Arthur Conan-Doyle en 1887 (lui aussi est fumeur invétéré…) et sans doute plus encore au Harry Dickson de Jean Ray (série qu’il reprend et popularise dès 1929). Le contexte anglo-saxon des années 1920 et l’occultisme inscrivent également le récit dans la lignée des œuvres d’Howard Phillips Lovecraft, l’un des pères de la littérature Fantastique au XXème siècle (à commencer par l’Appel de Cthulhu, nouvelle qui inspirera le jeu de rôle homonyme (édité  en 1981) où les personnages-joueurs incarnent des investigateurs devant lutter contre des complots démoniaques et des divinités monstrueuses).

  En Bande Dessinée, on se replongera dans des univers proches via les deux adaptations d’Harry Dickson (par Vanderhaeghe et Zanon, puis Nolane et Roman), via la série Adèle Blanc-Sec (Tardi) ou encore via le personnage de Mic Mac Adam (Benn et Desberg).

  Références télévisuelles et cinématographiques indéniables pour ce Jason Brice de papier, la série X-Files, les noms (quasi-identiques) de James Bond ou Jason Bourne (héros des romans de Robert Ludlum, récemment adaptés au cinéma, et qui inspireront la saga XIII de Vance et Van Hamme (l’un des faux noms de XIII étant Jason Fly…)) tout autant que le Jason et les Argonautes mythologique et filmique (version de 1963) forgent la vision et l’univers du scénariste Alcante. Sa manière de raconter l’histoire s’inspire à la fois de la série Lost et du scénario du film Angel Heart (Alan Parker – 1987).

  Jason Brice instaure une atmosphère, une ambiance entre classicisme et modernité. Il faut y voir et y lire un mélange entre thriller et mystère, sérial d’aventure et policier du style whodunit. Il faut en franchir le seuil et s’aventurer toujours un peu plus loin, derrière les cases…

  • Pistes supplémentaires :

- http://www.dupuis.com/FR/index.shtml : site officiel des Editions Dupuis.

- http://www.universbd.com/spip.php?article7260 : interview du scénariste Alcante concernant la parution de Jason Brice.

- http://secretebase.free.fr/etrange/propheties/titanic/titanic.htm : dossier sur le livre de Morgan Robertson.

- http://noosfere.org/heberg/jeanray/main.htm : site de Jean Ray.

- http://www.imaginaire.ca/DHD-Index.htm : dossier Harry Dickson.

- http://harrydickson.free.fr/index2.htm : site consacré à l’adaptation d’Harry Dickson en BD par Vanderhaeghe et Zanon.

- http://www.hplovecraft-fr.com/doku.php?id=start: site sur H.P. Lovecraft.

- http://www.roliste.com/jeu.jsp?id=286 et http://www.tentacules.net/index.php : deux sites spécialisés sur le jeu de rôle l’Appel de Cthulhu et l’œuvre de Lovecraft.

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Editions Dupuis et Dargaud  - Dossier réalisé avec l’aimable autorisation des auteurs : Alcante, Milan Jovanovic, Sébastien Gérard et Franck Achard.

Adèle et la bête

Dimanche 7 septembre 2008

DOSSIER PEDAGOGIQUE /

ADELE ET LA BETE (J. TARDI) -   

 

Dossier téléchargeable : Adèle et la bête dans Déc'ouverte pdf Dossier PDF Adèle et la Bête

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  • L’album :

 Suite à une proposition de son éditeur Casterman, le dessinateur français Jacques Tardi crée en 1975 le personnage féminin d’Adèle Blanc-Sec, au sein d’un hommage au roman-feuilleton et au Paris du début de siècle. En 1976 parait le premier épisode, Adèle et la Bête, qui sera suivi de trois autres aventures les années suivantes (Le Démon de la Tour Eiffel (1976), Le Savant Fou (1977) et Momies en folie (1978)), tous venant compléter une saga prénommée Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec.

  Habile mélange de récit policier et fantastique, de politiquement incorrect et « d’anarchisme serein », entre codes du récit-feuilleton et dynamitage des règles narratives de la Bande Dessinée traditionnelle, Tardi impose surtout un style unique, tendant vers le brulot antimilitariste et la dénonciation de la Guerre de 1914-1918, qui animeront également le reste de son œuvre.

  • L’intrigue en résumé :

  Au Musée d’Histoire Naturelle de Paris éclot en 1911 un Ptérodactyle ! De Lyon, un savant télépathe le contrôle, mais il arrive à l’oiseau préhistorique de lui échapper et de tuer. Au même moment, Edith Rabatjoie est retenue prisonnière par Adèle qui veut sauver de la guillotine Ripol, accusé à tort du meurtre d’un banquier. S’ensuit une rocambolesque course au trésor…

  • Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

NIVEAU 1

- Quel est le titre de la B.D.? Quel est le nom de son auteur ? Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

- Quel est le nom de l’éditeur ?

- Pourquoi, à votre avis, les mots écrits sur la couverture sont-ils de tailles différentes ?

- Que représente l’illustration ? (la décrire)

- Quelles sont les couleurs dominantes de l’illustration ?

- Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l’illustration ? Quelles informations supplémentaires fournit l’image ?

NIVEAU 2

-    Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après cette couverture, imaginez en quelques lignes quelle pourrait être l’histoire racontée dans la B.D.

-    Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D.? Pourquoi ? En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

NIVEAU 3

- Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. Identifiez le lieu et l’époque dans lesquels se déroule l’action principale.

- Que signifie selon vous le titre? A quelle œuvre fait-il référence? Mêmes questions pour le sous-titre.

- A quel(s) genre(s) littéraire(s) ou cinématographique(s) se rattache(nt) selon vous cette couverture? Expliciter vos choix.

  • Lecture et analyse de la couverture:

 La première de couverture d’Adèle et la Bête est d’abord emblématique d’une manière de percevoir la Bande Dessinée comme œuvre littéraire à part entière, Casterman étant réputé dans le domaine (éditeur d’Hergé et d’Hugo Pratt, de François Bourgeon et de Philippe Geluck).

  Hommage au style feuilletonesque, né en 1836 et florissant dans la seconde partie du XIXème siècle, autour d’auteurs tels que Dumas, Balzac, Eugène Sue (Les Mystères de Paris en 1842), Paul Féval (Le Bossu en 1857) ou Ponson du Terrail (Rocambole, également en 1857), Tardi relie en outre la mythologie interne des aventures d’Adèle (qui est elle-même romancière…) à la fois au journalisme et à deux corpus de récits :

 - Tout d’abord les romans policiers des années 1890-1910, à commencer par l’incontournable Sherlock Holmes de Conan Doyle, qui nait en 1887 et dont Adéle adopte la posture d’investigatrice curieuse et réfléchie. L’héroïne de Tardi revêt toutefois des aspects psychologiques plus sombres et criminels, dont le Fantômas de Souvestre et Allain (1911), qui fournit un arrière-plan iconographique de premier choix, l‘Arsène Lupin de Maurice Leblanc (1908) ou encore le Rouletabille de Gaston Leroux (Mystère de la chambre jaune en 1907) semblent être les modèles les plus directs. Le sous-titre «Les Aventures Extraordinaires…» est repris ou inspiré du titre originel de la compilation des histoires de Rouletabille et d’Arsène Lupin tout autant que d’une dérivation des Voyages Extraordinaires de Jules Verne et des Histoires Extraordinaires de Poe/Baudelaire (1856).

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 - Les romans de la veine Fantastique et Science-Fiction, ensuite, puisque Adèle côtoie dès ses premières aventures monstre préhistorique, savant fou et malédiction égyptienne: on citera ici pour mémoire Edgard Poe (Double assassinat dans la Rue Morgue, en 1841), Mary Shelley et Bram Stocker, Théophile Gautier, R.L. Stevenson et H.G. Wells… Le titre Adèle et la Bête est un évident clin d’œil à la Belle et la Bête, conte écrit par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont en 1757.

On pourrait s’interroger à ce stade sur le processus de création graphique de Tardi, plongé entre mode Rétro,  Art Nouveau et style emprunté au genre Steampunk. On ne gardera en tête que le goût de recréation historique et documentaire de Tardi pour représenter un Paris début de siècle : sur la couverture, les toits en zinc typiques, les longues cheminées, les habits d’Adèle ainsi qua la double typographie du titre et sous-titre renvoient au contexte 1900 ou de la belle Epoque. Les élèves identifieront Paris par défaut, en dépit du fait qu’on n’en perçoive pas les monuments emblématiques.

 Aventure graphique plongée dans un contexte historiquement daté, Adèle et la bête livre dès sa typographie une ambiance et un décor de genre : cette typographie est inspirée de celle mise en place pour la construction du Métro Parisien en 1900 selon les travaux de l’architecte Hector Guimard, et en particulier de l’inscription du nom des stations figurant sur les édicules publics (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9nagement_des_stations_du_m%C3%A9tro_de_Paris). C’est tout un « passé réfléchi par l’image » qui s’offre ainsi en couverture, doublement mis en scène à la fois en un mixage de références littéraires assez aisément « lisibles » pour un bon lecteur, mais aussi par un contraste inquiétant : celui entre l’héroïne isolée et le monstre préhistorique (induisant l’inverse du titre référencé), les couleurs chaudes et froides, le réalisme historique et l’intrusion du Fantastique, et finalement l’ombre et la lumière, annonciatrices du véritable style de Tardi.

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Soumises aux impératifs du marketing, et récemment révisée en vue de son intégration dans une collection complétée de la sortie d’un ouvrage en 2007, la couverture initiale a largement (totalement ?) perdu de son charme et de son intérêt au sein de la nouvelle maquette. On pourra toutefois la comparer avec l’ancienne édition auprès des élèves et demander leurs préférences.

  • Pistes supplémentaires:

- http://blancsecadele.free.fr/menu.html : site non-officiel consacré à la série.

- http://bd.casterman.com/catalogues_list.cfm?CategID=1524&OwnerId=811: page consacrée à Tardi sur le site des Editions Casterman.

- http://membres.lycos.fr/pazuzu/sommaire.htm : le dictionnaire des aventures d’Adèle

- http://www.discip.ac-caen.fr/lettres/lettres-modernes/article.php3?id_article=31: séquence en Français sur la lecture de l’œuvre intégrale.

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes © Casterman – Avec l’aimable autorisation des auteurs et des Editions Casterman.

La Marque Jaune

Samedi 6 septembre 2008

DOSSIER PEDAGOGIQUE /

LA MARQUE JAUNE (E.P. JACOBS) -  

Dossier téléchargeable :   La Marque Jaune dans Couverture mythique pdf Dossier Marque Jaune PDF

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  • L’album :

 Publié à l’origine en planches hebdomadaires dans le magazine Tintin entre le 06 Août 1953 et le 10 Novembre 1954, la Marque Jaune est la troisième aventure de Blake et Mortimer, héros créés par le Belge Edgar Pierre Jacobs (1904-1987) dès 1950. Un album de 66 pages sera ensuite publié aux Editions du Lombard en Février 1956.

 La Marque Jaune est considérée comme l’album le plus emblématique de la série. Ainsi d’après Claude le Gallo, auteur du Monde d’Edgar P. Jacobs, c’est le cœur de l’œuvre jacobsienne, le « carrefour de son monde ».

 

  • L’intrigue en résumé :

  Depuis quelques temps, un malfaiteur impudent sévit dans Londres, surnommé la Marque Jaune en raison de sa sinistre et mystérieuse signature. Son dernier coup d’éclat, le vol de la couronne impériale, met toute l’Angleterre en émois. Les services secrets et Scotland Yard sont sur les dents, craignant que ce ne soit que le début d’actes encore plus graves. Blake et Mortimer sont appelés à participer à l’enquête…

  • Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

NIVEAU 1

- Quel est le titre de la B.D.? Quel est le nom de son auteur ? Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

- Quel est le nom de l’éditeur ?

- Pourquoi, à votre avis, les mots écrits sur la couverture sont-ils de tailles différentes ?

- Que représente l’illustration ? (la décrire)

- Quelles sont les couleurs dominantes de l’illustration ?

- Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l’illustration ? Quelles informations supplémentaires fournit l’image ?

 

NIVEAU 2

-  Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après cette couverture, imaginez en quelques lignes quelle pourrait être l’histoire racontée dans la B.D.

-   Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D.? Pourquoi ? En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

NIVEAU 3

- Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. Identifiez le lieu de l’action principale. En comparant cette couverture aux précédents travaux de recherches de Jacobs (premiers projets de couvertures), dites en quoi elle est semblable ou différente.

- Que signifie selon vous le «M», élément visuel central de cet album?

- A quel genre littéraire ou cinématographique se rattache selon vous cette couverture? Expliciter vos choix.

- Tenter de comprendre en quoi cette couverture a durablement influencé la Bande Dessinée franco-belge; trouver des exemples d’hommages ou de parodies récents.

 

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  • Lecture et analyse de la couverture :

 Couverture mythique de bande dessinée franco-belge d’après guerre, et sans doute du 9ème Art tout court, l’illustration de Jacobs pour la troisième aventure de ses personnages n’aura pourtant pas était une sinécure. Sa première idée est de rendre un hommage flamboyant au jeu théâtralisé d’ombre et de lumière du cinéma expressionniste allemand (Jacobs étant également passionné d’opéra depuis sa découverte de Faust à Bruxelles en 1917). L’intégralité de l’album baigne dans une atmosphère policière et fantastique oscillant entre le film noir et le roman à énigme anglo-saxon.

  Autour de ces idées, Jacobs réalisera différents projets de couvertures mettant en scène une cité londonienne doublement menacée par un climat orageux et une gigantesque marque planant telle une Epée de Damoclès au dessus de la tête des héros. Un « M » (Maléfique, Mort, Malheur, Malédiction et… Marque) du Mal contre le Bien. On notera également les idées d’opposition entre ciel et terre, bâtiment/monument et humain, couleurs froides et chaudes, lignes courbes et droites : tout concourt à ce que le visuel renvoie inconsciemment une notion du déséquilibre, de la folie destructrice et malfaisante (la civilisation et l’état symbolisés par les monuments officiels (Tour de Londres, Parlement et Big Ben) sont menacés), un sentiment encore renforcé par l’instabilité du climat.

  Jacobs était un spécialiste des titres intrigants et aux connotations fantastico-policières : « l’affaire », « le piège », « le secret », « l’énigme » et donc « la marque ». La Marque Jaune est un titre inspiré de la signature du personnage clé du film M le Maudit (Fritz Lang – 1931), signe fatidique représentant la lettre grecque Mu. L’influence du film Métropolis (Fritz Lang – 1927) peut aussi être signalée.

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  S’étant heurté à la censure et au contrôle des publications pour la jeunesse, qui jugeait ses histoires par trop effrayantes et morbides, Jacobs se vit en outre refuser par Hergé en 1953 un projet de couverture pour le magazine Tintin annonçant la parution prochaine de la Marque Jaune : la silhouette vampirique digne de Nosferatu (F.W. Nurnau – 1922) et le pistolet tenu par Blake n’étaient décemment pas montrables ! Jacobs réalisera donc une quatrième version de la couverture, qui sera beaucoup plus sobre et énigmatique, mais n’oubliera pas cette affaire et réalisera le 26 Septembre 1953, à l’occasion des sept ans du journal Tintin, un dessin référentiel destiné à Raymond Leblanc, fondateur du journal.

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L’ombre de Nosfératu, entre projet censuré (deuxième image ci-dessus), projet publié (troisième image) et dessin référentiel…

  Couverture policière, la Marque Jaune l‘est avant tout par son atmosphère de polar : la ville et ses bas-quartiers (Limehouse Dock est une zone d’entrepôts et de docks le long de la Tamise), la nuit, l’éclairage public, la chaussée humide et son duo d’enquêteurs confronté à une menace située hors-champ. Jacobs travaille son dessin en parallèle d’une documentation impressionnante (il se rendra sur place à l’époque pour photographier et repérer les lieux de déplacements de ces personnages) et en particulier des gravures de Gustave Doré montrant la City à l’époque Victorienne. Sherlock Holmes et Jack l’Eventreur hantent encore les lieux et comment, d’ailleurs, ne pas retrouver sur cette couverture dans le duo Blake/Mortimer le couple Holmes/Watson… L’un complémentaire de l’autre, et une main secourable sur l’épaule, comme signe éternel d’amitié.

 Couverture affiliée aux genres fantastique et science-fiction, ensuite, car, dans cette menace surnaturelle qui vient pétrifier des personnages déjà plongés au cœur du mystère (la fameuse marque étant à la fois sur eux, derrière eux, devant eux et pourtant invisible à nos yeux de lecteur), seul le futur dénouement apportera un élément de résolution. Là est tout le charme et l’enjeu dramatique de cette couverture : tout y est en suspens et en suspense (Que se passe t’il ? Que signifie cette marque sur le mur ? Que voient les personnages ?) et tout se laisse deviner (Que tient Mortimer dans sa poche ?). Etranges ombres portées, inquiétante scène où l’obstacle surgit du mauvais côté (de la gauche) et stoppe la progression naturelle de la lecture comme de l’avancée de l’enquête (vers la droite, donc). Héros isolés et pourtant jetés dans la lumière, Blake et Mortimer semblent poser dans un décor théâtralisé Hitchockien, engageant un savant jeu de regards avec le lecteur/spectateur : c’est « fenêtre sur rue » et « psychose du cliffhanger », à suivre en tournant la page (lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Cliffhanger_(fin_ouverte)).  Un ancrage aussi terrifiant qu’il demeure sans voix, contrastant avec les fameux longs récitatifs jacobsiens…

Album phare de l’œuvre de Jacobs, la Marque Jaune est d’abord un chef d’œuvre artistique et visuel : rarement une couverture de bande dessinée, telle une affiche de cinéma, aura aussi durablement influencée les créations postérieures. Tant et si bien que nombre d’auteurs contemporains en livreront des hommages, des parodies ou des citations plus ou moins directs. Pour prendre des exemples relativement récents, on citera ici les premières de couvertures de Baker Street t.1 : Sherlock Holmes n’a peur de rien (P. Veys et N. Barral – Delcourt – 1998) et de Le Chat t.14 : la Marque du Chat (Ph. Geluck -Casterman – 2007), qui sont deux variations humoristiques de l’œuvre originelle. En 2007, le journal Le Monde n’hésite pas à détourner son propre logo à l’occasion de la republication de l’album Les repreneurs graphiques de la série, Ted benoit et André Juillard, livreront également des ex-libris et illustrations hommages à Jacobs. On trouvera enfin sur cette page quelques autres pistes (http://emmanuelmailly.free.fr/essaiparent1.htm).

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  • Pistes supplémentaires :

- http://www.blakeetmortimer.com/spip.php?article24: page consacrée à l’album sur le site officiel de Blake et Mortimer.

- http://www.marquejaune.com/index.php?option=com_content&task=view&id=43&Itemid=64: Sur les traces de la Marque…: cases et photos issues de la propre documentation de Jacobs enfin mises en parallèle.

- http://www.page2007.com/news/videoroll/blake-et-mortimer-la-marque-jaune : écouter l’album sonore.

- http://blake-et-mortimer.over-blog.fr/0-categorie-10194931.html : croquis et esquisses d’André Juillard.

- http://blake-jacobs-et-mortimer.over-blog.com/ : tout sur l’univers de l’auteur.

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes Editions Blake & Mortimer, Casterman, Dargaud et Delcourt ©.